"Elles sont, aux premiers plans, d'un brun presque rouge; puis, dans leur fuite vers l'horizon, elles passent par d'admirables violets, qui bleuissent de plus en plus, jusqu'à l'indigo pur des lointains extrêmes. Et tout cela est vide, silencieux et mort.
C'est la splendeur des régions invariables, d'où sont absents ces leurres éphémères, les forêts, les verdures et les herbages;
c'est la splendeur de la matière presqu'éternelle, affranchie de tout l'instable de la vie;
la splendeur géologique d'avant les créations..."
Pierre Loti "Le Désert".
Quand j'étais en première, nous avons étudié un texte de Pierre Loti, sur le désert, dont est tiré ce passage... A 17 ans, je me suis promis d' aller voir moi-même cet ilot d'éternité. Le désert... Et puis quand je suis devenu autonome et qu'enfin je préparais ce voyage tant attendu, je suis tombé malade... Pendant 10 ans. Et j'ai dû renoncé à mon rêve... C'est très dur de renoncer. Renoncer, ce mot même est dur, tranchant, sec, terrrible. C'est déposer les armes devant un ennemi plus fort que soi, et même si on s'est bien battu, ça n'empêche que...
Me revoilà, 10 ans plus tard, je ne suis pas guéri, mais j'ai suffisament de forces pour aller le voir...Ce désert, cet espace vierge de toute création, ce vide comblé par le vent chaud.
Et je ne connais pas de plus grande joie quand, enfin, on est sur le chemin d'un grand rêve.
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